Accepter pour recevoir

Suite à notre préparation durant le compte de l’Omer, le moment de recevoir la Torah approche enfin. 
En effet, c’est à la même période de l’année que nos ancêtres reçurent la Torah, à l’époque de Moshé. L’histoire nous raconte que ce fût un moment extraordinaire puisque, à cet instant, toutes les créatures de la terre s’arrêtèrent littéralement de vivre. Moshé monta ensuite sur le Mont Sinaï pour en redescendre 40 jours plus tard avec les Tables de la Loi, afin de les remettre au peuple d’Israël. Pourtant nous savons tous que ces Louh’ot furent détruites à cause de la faute du veau d’or. Ce n’est que plus tard que Hachem nous (re) donna «définitivement» la Torah, écrite de la main de Moshé, cette fois.

Pourquoi, alors, fêter Chavouot à ce moment, alors que cela représente le don des premières tables qui furent détruites?Pourquoi rappeler un événement aussi accablant pour nous?! N’aurait-il pas fallu fêter le deuxième don de la Torah que l’on a reçu et gardé jusqu’à aujourd’hui, plutôt que de commémorer le souvenir des premières tables annihilées par notre faute?

En vérité, cette question n’en est pas une et nous allons tenter de comprendre pourquoi. Dans la problématique, nous avions établi que la destruction des premières tables remettait en cause le don de la Torah au Mont Sinaï, révélant peut-être un manque de conviction dans notre acceptation de ce joug. Ainsi, l’événement perdait toute son importance. 
En réalité, la faute du veau d’or qui causa la destruction des premières Tables n’affecta pas profondément notre adhésion à cette Torah. Nos sages donnent une interprétation de cette faute qui n’est pas en réelle contradiction avec cet épisode spécifique. Le peuple dit «Naassé Vénichma» «Nous ferons, puis nous écouterons». Les Bné Israël acceptèrent avant même de savoir ce que cela impliquait. Le point essentiel de la révélation au Mont Sinaï fut l’acceptation et non le don.

Il faut donc distinguer trois grandes étapes :

Tout d’abord, la révélation au Mont Sinaï avecl’acceptation extraordinaire de la Torah avant même d’en connaître les attentes. Ensuite, vint la destruction des premières Tables à cause du Veau d’or. Puis enfin, la remise des secondes Tables. Voila pourquoi c’est la révélation des Dix Commandements au Mont Sinaï qui marque la fête de Chavouot, car même si le véritable don n’a pas eu lieu ce jour là, l’acceptation elle est apparue à ce moment précis.

Nos sages en ont décidés ainsi afin de réveiller en nous l’acceptation de cette sainte Torah. Afin que chaque Chavouot, nous puissions nous repencher sur ce que chacun de nous a accepté au Mont Sinaï,une acceptation qui dépasse l’entendement humain puisque une acceptation de l’inconnu. Nos sages nous font comprendre à travers cela que le but de Chavouot n’est pas uniquement un don mais aussi et surtout une réception, une acceptation. On ne peut parler de «Don» que lorsqu’il y a un «Receveur» et nous devons intégrer que c’est parce que la Torah est l’œuvre Divine qu’elle nous est indispensable et non pas parce que ses commandements nous «plaisent».

Nous avons déjà expliqué que le temps Hébraïque n’est pas représentée par une courbe qui avance et des événements passés qui s’éloignent dans le temps,mais par des périodes qui reviennent sur elles-mêmes. La dimension spirituelle des grandes dates Juives est retrouvée chaque fois que la même date Hébraïque revient. Ainsi, la sainteté que Hachem «injecta» aux enfants d’Israël durant Matan Torah nous est de nouveau distribuée chaque Chavouot!
Nous avons donc, comme chaque année à cette période, une opportunité incroyable de recevoir pleinement la Torah et de renforcer ainsi notre lien avec elle.
Encore faut-il L’accepter…

David Rahmine

 

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