Q uand doit-on faire la brakha du mikvé?

07.04.19

Question

Question: Bonjour, je suis religieuse, baroukh Achem et je voulais savoir à quel moment, exactement doit-on prononcer la brakha, avant de rentrer dans le mikvé? Merci d'avance pour votre réponse.

 

Answer

Réponse: Chalom, votre question est très intéressante et elle concerne beaucoup de femmes, c'est pour cela que, je vous propose, de développer la réponse en voyant ce qui a été dit pour chaque coutume, à ce sujet.
Commençons par voir le traité de Pessah'im 7b qui dit: "on doit énoncer la brakha, avant l'accomplissement de la misva". Ce qui signifie que par exemple, on fait la brakha avant de mettre les téfilines et non pas après. Cependant, la guémara continue et ramène Rav H'isda qui dit que ceci est vrai en dehors de l'immersion dans le mikvé, car avant cela, la personne n'est pas apte pour faire la brakha, et donc, elle ne peut la faire qu'en sortant du mikvé. Il y a une discussion dans les Richonim, comment expliquer la position de Rav H'isda. D'un coté, d'après Rachi, Rav H'isda parle du mikvé que fait l'homme ayant eu des pertes séminales. Ezra a institué, que celui-ci est interdit d'étudier la Torah ou d'énoncer des prières, tant qu'il n'est pas parti au mikvé. Aujourd'hui, cette interdiction a été annulée, mais du temps de la Guémara, il ne pouvait même pas prononcer la brakha et c'est pour cela qu'il ne la dira qu'en sortant. Rachi termine, que c'est à cause de ce cas, que toutes les personnes allant au mikvé disent la brakha après, pour ne pas faire de différence et que l'on vienne à s'embrouiller. Par ailleurs, le Rif explique que Rav H'isda parle du mikvé du converti, et bien sûr, étant donné qu'avant de se tremper, il est encore goy, il nepeut donc faire la brakha qu'en sortant.

Aussi, le Rama (Yoré Déa, 200) dit concernant les femmes qui se trempent, qu'elles aussi, comme la Guémara l'a dit et comme l'a expliqué Rachi, ne feront la brakha qu'après s'être trempée. Par contre, le Choulh'an Aroukh écrit qu'on fait la brakha avant de rentrer au mikvé, suivant ainsi l'opinion du Rif, que seul le converti fait la brakha après. Le Chlah pense que la femme doit se tremper 2 fois, et réciter la brakha entre les 2. De cette façon, elle aura réalisé les 2 avis en disant la brakha après la  1ère fois et avant la 2ème.  Le Ben Ich Haï dans parachat chémini (2ème année) ramène que la coutume à Bagdad est de faire comme le Chlah. Le Rav Ovadia Yossef dans le Taarat Abayit, tome 2, p.519, n'est pas d'accord avec cet avis, puisque c'est possible, que  la brakha est dite en vain, car dès la 1ère immersion, elle a  fini d'accomplir la mitsva. A cause de cela, il dit que les femmes séfarades doivent faire comme la Choulh'an Aroukh en disant la brakha avant de se tremper.

Il existe un 2ème problème,  c'est celui de dire des mots de Torah ou une brakha dans un bain public. En effet, l'eau chaude fait qu'il y a davantage de saleté. Et on n'a pas le droit de prononcer des paroles de Torah dans un endroit où il y a certaines saletés. Par contre, le problème ne se pose pas dans un mikvé froid. Le Rav Yossef Karo l'écrit clairement dans le Késsef Michné, hilkhot kriat chéma, chap. 3, 3. C'est pour cela que la femme devra dire la brakha dans une pièce attenante au mikvé avant de s'y tremper, vêtue d'un peignoir, et il est bon à se moment de séparer le haut de son corps du bas, de telle façon que son cœur ne voit pas sa nudité. Elle peut le faire en croisant les bras et en les collant contre elle ou en mettant une ceinture. Ensuite, elle se trempera de suite pour ne pas faire d'interruption entre la brakha et la mitsva.

Cependant, beaucoup d'autres décisionnaires ne sont pas d'accord avec cet avis. Ils argumentent le fait que l'eau du mikvé est en général très propre. Surtout en Israël où elle est scrupuleusement vérifiée pour ne pas avoir de problème de santé, h'as véchalom. Par contre, il est vrai que si les douches sont dans la même pièce que le bassin, ils sont d'accord qu'il faut faire la brakha dans une autre pièce. Ainsi pensent le Rav Nissim Karélits, le Rav Wozner, et le Rav Ben Tsion Abba Chaoul, ils sont ramenés dans le Avné Choam du Rav Paniéri. Il rajoute d'ailleurs que l'eau est changée chaque jour.

Enfin, il est rapporté dans le Ben Ich Haï ainsi que dans le Yabia Omer, tome 6 qu'il est bien que la femme est aussi les cheveux couverts au moment où elle prononce la brakha. De plus, il est à noter qu'il y a des cas où on ne dit pas la brakha pour le mikvé, mais ceci doit être l'objet d'un autre cours.
En conclusion, si la femme est ashkénaze, elle se trempera d'abord, puis elle dira la brakha. Quant aux séfarades, elles devront garder leur peignoir, diront la brakha et ensuite s'immergera dans le mikvé. S'il y a des douches où se trouve le bassin, il faudra procéder comme le Rav Ovadia Yossef dit, c'est-à-dire, dire la brakha avant et dans une autre chambre.
Merci pour votre question si intéressante.

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