Doit-on absolument écouter le S ioum pour le jeûne des premiers-nés?

01.05.19

Question

Question: Bonjour, je suis premier-né et normalement je dois jeûner pour la veille de Pessah'. Aussi, chaque année dans ma synagogue, il est organisé un Sioum, (fin d'un traité talmudique), pour nous permettre de manger ensuite. Cependant, il arrive souvent que c'est un jeune adolescent qui le fait, et le problème, c'est que ce n'est pas toujours possible de pouvoir entendre ce qu'il dit et encore moins de comprendre le sujet. Alors, je ne sais pas si on peut être acquitter de cette façon sans même comprendre la fin du traité?
 

Answer

Réponse: Chalom, votre question est très intéressante et surtout que cette situation arrive très souvent, c'est pourquoi, il convient de savoir comment procéder, et comme vous le dîtes, savoir si on peut être acquitté de cette façon.
Voyons ensemble, béézrat Achem, quelques points concernant le Sioum, (fin d'un traité talmudique), et dans quelles conditions, on peut de cette façon s'abstenir de jeûner. La source de cette habitude se trouve dans le H'avot Yaïr, et ramené dans le michna Broura 570, 10, que s'il y a une Séoudat Mitsva, un repas qui accompagne une mitsva, comme par exemple une circoncision ou la fin d'un traité talmudique, le premiers-nés peuvent s'y associer et ainsi mettre fin à leur jeûne. Ceci marche même si ceux-là n'ont pas participé à l'étude du traité.

La Michna Broura (551, 75) écrit à propos des halakhot sur les 9 jours du mois de Av, où il est interdit de manger de la viande, que s'il y a un Sioum, les participants peuvent manger de la viande, mais par contre, il est certain qu'il ne suffira pas d'amener de la nourriture  venant du Sioum chez soi à la maison, mais il faut être présent à la séouda, (repas). Il en sera de même pour le jeûne des premiers-nés. La raison est que lorsqu'une mitsva a été accomplie, comme une brit, un Pidion, (rachat du premier-né) ou la fin d'un  traité talmudique, on vient à clôturer cela par une Séouda, manifestant ainsi notre joie d'avoir accompli cette mitsva, mais aussi remerciant ainsi le Créateur de nous avoir donner la possibilité de pouvoir terminer cette entreprise. On invite nos proches pour  exprimer cette  joie, et l'immense gratitude qui nous habite. Celui qui y est invité se doit d'y participer, pour marquer  l'importance de l'évènement. S'il est invité et qu'il ne vient pas, il révèle le peu de valeur qu'il porte à cela. C'est pour cela que même s'il se doit de jeûner ce jour, il devra s'en abstenir pour pouvoir participer au repas. Mais tout cela concerne le repas, mais si on lui apporte chez lui, s'il ne mange pas, cela n'est pas considéré comme participer, c'est pour cela que cela ne sera pas suffisant pour être acquitté du jeûne.

Une autre question qui peut se poser, c'est combien doit-on consommer pour arrêter le jeûne? La Minh'at Ytsh'ak, (tome 9, 45) écrit qu'il ne sera pas suffisant de boire un peu de boisson, mais il est nécessaire de manger 28 grammes de gâteau. Le Or Létsion, (tome 3,12, 1, 3) pense également cela, qu'il faut consommer au moins 28 gr. de gâteau, (mézonote), 8,6 cl de vin ou 28gr de dattes. Ce sont des aliments et des quantités qui obligent à faire la bénédiction d'après.

Autre problème qui peut se présenter, c'est s'il était présent à l'étude du passage clôturant le traité, mais il n'a pas pu se trouver pour le repas, cela suffira-t-il pour pouvoir interrompre le jeûne?  Le or Létsion, pense qu'il faut participer au repas pour être dispensé de jeûner. Le Minh'at Ytsh'ak, le Rav Chlomo Zalman Auerbach dans Halikhot Chlomo sur Pessah', (8,1) et le Rav Eliachiv permette d'arrêter le jeûne dans un cas pareil. De plus, même si celui qui a fait le Sioum n'est pas présent  pour le repas, on est quand même dispensé de jeûner en étant au repas.

Enfin, en ce qui concerne votre question, c'est-à-dire lorsqu'on n'a pas entendu la fin du traité, il faut savoir que c'est une discussion parmi les décisionnaires. Le Steipeller, (ramené dans Tchouvot Véanhagot, tome 2, 210) pense que le minhag, (coutume) est de dispenser les personnes participantes au Sioum, même si elles n'ont pu l'entendre. C'est aussi l'avis du Rav Nissim Karlits dans le H'out Chani, chap. 1, 7, 3. D'un autre coté, le Ben Ich H'aï, parachat Tsav, 25 laisse entendre que si on n'a pas compris l'étude faite pour le Sioum, on ne pourra pas participer au repas. Le Rav Chlomo Zalman Auerbach pense aussi la même chose, à moins qu'il ait étudié avec la personne qui fait le Sioum.

En conclusion, il convient d'entendre l'étude et de la comprendre, si on n'a pas étudié avec celui qui termine. Mais il y a une autre possibilité de participer à la joie de cet évènement et d'être dispensé de jeûner même si on n'a pas tout entendu ou compris. C'est ce que ramène le Biour Halakhaa au simane 551, 10, c'est lorsqu'on aide à la réalisation du Sioum financièrement ou en amenant des aliments pour l'honneur de la Torah et la joie de terminer un traité du Talmud. Le Minh'at Ytsh'ak, (tome 9, 45) rajoute que cela est valable même si on est absent lors du Sioum.
Alors, béatslah'a! Et donc il vous reste à vous approcher de celui qui fait le Sioum pour mieux l'entendre ou d'amener des aliments pour aider pour la Séoudat mitsva!

 

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