Celui qui doit compter le Omer et qui se trouve dans des toilettes.

20.05.19

Question

Question: Bonsoir, ce soir avant la nuit je me suis rappelé que j'avais pas compté le omer, de toute la journée. Aussi, normalement j'aurais pu avoir le temps de le faire pour ne pas perdre la brakha, mais à ce moment là, je me trouvais dans une salle de bains. En effet, je travaille dans une maison de repos et c'est le moment où on lave les personnes qui ne peuvent le faire seules. Je tiens à noter que ces salles de bains contiennent des toilettes. Aussi, ce n'est pas possible de les laisser seules même pendant quelques instants. Cela ne se finit qu'à la tombée de la nuit, et alors j'aurais perdu la brakha. Alors, je l'ai quand même fait, mais je ne sais pas si j'ai bien fait et si c'est valable. Merci de me répondre rapidement parce qu'entretemps je continue de faire le omer sans brakha.

Answer

Réponse: Chalom, votre question est extrêmement intéressante et nous allons essayer, béézrat Achem, d'y répondre. Avant cela, rappelons que le omer, c'est le compte que l'on fait chaque soir depuis la sortie du 1er jour de Pessah', jusqu'à Chavouot, pendant 49 jours. Il est précédé d'une brakha. On ne peut la dire que le soir et qu'à la condition que l'on n'a pas oublié pendant un jour entier. Donc, en effet, si votre compte n'est pas valable, vous ne pourrez pas continuer à faire la brakha. En attendant, vous avez adopté la bonne attitude, c'est-à-dire de ne pas faire la brakha même le soir au cas où votre compte n'était pas valide. Cependant, s'il est valable, vous pourrez continuer votre omer, puisqu'en fait, aucun  jour ne s'est passé sans que vous l'ayez compté.

Pour répondre à votre question, voyons ensemble une guémara dans Baba Metsia  114b. Il y est écrit qu'on ne prélève pas la Trouma nu, (partie de la récolte donnée au Cohen, en général 2%). Rachi explique que la raison est car il faut avant de prélever dire une bérakha et qu'on ne peut la prononcer dévêtu. On en déduit donc que le fait d'accomplir la mitsva nu, est permis, puisque d'après Rachi, le problème , c'est la brakha. Il y a d'autres preuves dans le Talmud, qu'on peut accomplir des mitsvot même dans un endroit inapproprié, comme dans des toilettes. Ainsi, dans Kidouchin 32b, on établit qu'un élève n'a pas besoin de se lever devant son maître dans des bains ou des toilettes, car c'est marqué: "tu te lèveras et tu l'honoreras", et dans ces endroits ce n'est pas une marque d'honneur. De nouveau, on voit que s'il n'y avait pas le verset, on l'aurait demandé de faire cette mitsva même dans une tenue pas très pudique ou dans un endroit sale.
D'ailleurs, le H'ida indique clairement que mise à part, se lever devant un Rav ou une personne âgée, si on est dans un mikvé, on peut faire des mitsvot. Apparemment, il en sera de même pour le omer, et il sera permis de le faire dans des toilettes ou dans une salle de bains, si on ne peut pas faire autrement. Toutefois, le Zohar, (parachat Térouma), écrit qu'il convient de faire les mitsvot dans un endroit pur et propre, car les mitsvot nécessitent d'être faites avec kavana, (=ferveur). On ne peut faire des mitsvot dans un endroit sale puisqu'il faudra penser à ce qu'on fait et on n'a pas le droit de penser à de la Torah dans un endroit sale. Le Lèv Haim fait la différence entre les mitsvot entre l'homme et son prochain comme la Tsédaka, car dans ce genre de mitsvot, c'est le résultat qui compte, et si le pauvre reçoit l'argent et que ça l'aide, le but de cette mitsva, c'est l'acte de H'essed, (bonté) qui en ressort qui est l'essentiel. Il sera donc permis d'accomplir ce genre de mitsvot même dans des toilettes.

D'une autre part, il est possible de dire, de faire le omer sans brakha sans kavana, (=concentration). En effet, d'après le Kol Eliahou(tome 1,O.H.,34), l'obligation de faire les mitsvot avec ferveur, n'est que d'ordre rabbinique. De plus, il faut rajouter, que certains pensent que l'interdiction de prononcer des paroles de Torah devant des excréments: "et ton camp sera saint", n'est pas un interdit, mais une mitsva positive. Dans ce,cas, on n'est obligé de l'accomplir seulement, quand cela est possible. De ce fait, il sera permis de dire des paroles de Torah dans un cas de force majeur et à plus forte raison y penser, en acomplissant la mitsva sans parler. Aussi, le Zohar ne parlerai quequand cela est dans la mesure du possible. Et même si on considère que le Zohar interdit une tellechose, on auraune discussion entre le Zohar et le Talmud. Dans un cas pareil on tranche comme le Talmud et pas comme le Zohar, qui indique de ne pas dire de Tora dans un tel endroit.

De plus, il y a marqué dans Zévah'im 102b, qu'on peut comprendre celui qui vient à penser de la Torah dans des toilettes, quand cela est venu à sa  pensée malgré lui, car c'est un cas de force majeur. Aussi, le Maguen Avraam, (85,4), permet à une personne ayant des pensées interdites, (à des femmes), dans des toilettes, de penser à de la Torah pour empêcher ces mauvaises pensées. Ainsi, le Yabia Omer, tome 6,Yoré Déa,29, 5) pense qu'on peut accomplir des mitsvots dans des toilettes. De même, d'autres décisionnaires pensent également que cela est permis dans des cas de force majeur. Ainsi, ramène également le Biour Alakha, 588, 2, à propos de celui qui veut faire du choffar dans un cachot, bien qu'il s'y trouve des saletés.

En conclusion, s'il n'y a plus le temps de faire le omer, et qu'il est dans une salle de bains, vous pourrez le dire puisque c'est un cas de force majeur. Malgré cela, si vous réussissez à sortir avant la tombée de la nuit, il convient de redire le compte à l'extérieur, sans bérakha car peut-être la 1ère fois était bonne.
Béatslah'a et à bientôt!

 

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