Tu aimeras ton prochain comme toi-même, qu'en est-il des non-juifs ?

Félicitations pour votre intérêt, n'oubliez pas que « elle est un arbre de vie pour  ceux qui la tiennent et ses soutiens sont heureux » (Michlei chapitre 33, 18). Il y'a une erreur dans la question. Le commandement «Aime ton prochain comme toi-même » n'a pas été dit pour tout le monde, mais seulement pour le peuple d'Israël. Pourquoi ?

Le commandement «aime ton prochain comme toi-même » n’est pas si simple à comprendre. Comment aimer un étranger comme soi-même? Si la Torah demandait d'être prévenant, conciliant ou d'apporter notre aide, ce serait compréhensible, mais aimer ? Et comme soi-même ?

La Torah a voulu élever le peuple d'Israël sur la nature, grâce à ce commandement unificateur. C'est pourquoi elle nous ordonne « aime ton prochain comme toi-même ». Les non-juifs ne sont pas concernés par les Mitsvots de la Torah et ne sont pas tenus à nous aimer particulièrement. C'est pourquoi nous n'avons pas à nous conduire avec eux avec la même rigueur qui nous est exigée face aux membres de notre peuple. Certes, il est interdit de causer un dommage à un non-juif ou de le voler. Par ailleurs, le Talmud nous raconte que les sages se sont montrés spécialement bons envers les non-juifs et ont enseignés cette conduite à leurs élèves. De manière fondamentale, il n'est pas obligatoire de se comporter avec la même diligence avec les non-juifs qu'avec les juifs. Tout comme il est logique de se soucier d'abord de son enfant avant celui d'un voisin.
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Pourtant, même si nous ne sommes pas appelés à un amour excessif envers les non-juifs, pourquoi ne buvons-nous pas de leur vin ? L'interdiction du “יין נסך“, (le vin des non juifs) n'est évidemment pas destiné à les offenser à Dieu ne plaise. Les non-Juifs comprennent que c'est une exigence halakhique de notre religion, et ne se vexent pas, puisqu'il ne s'agit pas d'une considération personnelle à leur encontre. Cette interdiction a deux raisons majeures, l'une religieuse, et l'autre éducative. Commençons par aborder la première explication. La Torah nous interdit de bénéficier de l'idolâtrie et tout ce qui lui est lié, il faut s'éloigner des idoles comme du feu. Malheureusement, de nombreux peuples se sont adonnés au culte des idoles jusqu'à aujourd'hui. Le vin est une boisson sur laquelle nous sanctifions le Shabbat toutes les semaines. Lorsqu'un idolâtre décide d'utiliser du vin pour son culte, le vin devient interdit. La Torah a voulu une séparation complète et sans équivoque de l'idolâtrie et c'est pour cela qu’une bouteille ouverte par un non-juif nous est interdite à la consommation. Evidemment, il convient de tout faire pour ne pas blesser les sentiments de quiconque, et éviter les situations où un non-Juifs nous servirait du vin.

Passons à la seconde raison. La Torah nous enseigne «Voici un peuple qui résidera solitaire et il ne sera pas compté dans les nations » (Bamidbar 23, 9). Dieu veut que le peuple juif soit différent de tous les autres peuples du monde, qui ne sont pas directement soumis à la volonté divine. (Cette question est sans rapport avec le racisme, puisque chaque personne qui accepte d'assumer la Torah et ses commandements peut devenir Juive). La loi de la Torah a cherché à nous écarter de ceux qui sont plus loin de Dieu et de ses voies, en limitant les repas communs, et un trop grand rapprochement qui peut être source de danger pour notre conduite spécifique. Cet aspect est rapporté par le Talmud (Traité Avoda Zara, 31a). Nous l'avons vu, l'interdiction de boire du vin d'un non juif est inspirée par deux raisons: les lois de l'idolâtrie, et une barrière contre l'assimilation (Choulhan Aroukh Yoré Déa, Chapitre 129, 11). En conclusion, il convient de répéter clairement, qu'il faut respecter les sentiments des non-juifs, et donc tout faire pour éviter de telles situations. Le cas échéant, il faudra expliquer l'interdiction halakhique, qui ne concerne pas l’individu personnellement.

Cordialement,

Daniel Blass

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