Weekly Torah Portion

Vayikra. L’étude de la Tora équivaut à toutes les mitsvot

 « L’Eternel appela Moché et lui parla depuis la Tente d’assignation en ces termes… » (Vayiqra 1,1)

« La voix sortait et arrivait jusqu’à ses oreilles, mais le reste d’Israël ne l’entendait pas. Se pourrait-il que lorsque la parole s’interrompait, l’appel persistât ? C’est pourquoi il est dit : “[L’Eternel appela et] Il lui parla“ – il y avait un appel pour la parole, mais non pour les interruptions. A quoi servaient ces interruptions ? A laisser à Moché le temps de réfléchir entre un chapitre et le suivant, entre un sujet et l’autre. De là nous apprenons qu’à plus forte raison, lorsqu’un simple être humain enseigne à l’un de ses semblables [il devra lui laisser le temps de réfléchir]. » (Rachi)

D’après le commentaire de Rachi, il apparaît qu’on aurait pu concevoir que même les interruptions de la parole de D.ieu étaient accompagnées d’un appel. Selon rav Moché Feinstein (Qol Ram), si ces appels avaient lieu d’être, c’est parce que même les interruptions constituaient une forme d’enseignement, puisqu’elles permettaient à Moché de mieux approfondir les révélations précédentes. Mais aussi nécessaires que fussent ces interruptions, la Tora indique qu’elles ne méritaient pas néanmoins d’appels spécifiques.Ceci nous enseigne un principe essentiel : bien que la Halakha établisse qu’un homme voué à la Tora ait le droit d’interrompre son étude en cas de grande nécessité – par exemple, s’il doit œuvrer en faveur de la communauté et que personne d’autre ne peut le faire à sa place –, ces interruptions ne méritent pas néanmoins d’être gratifiées d’un « appel ». Il ne fait aucun doute que cet érudit sera récompensé pour son dévouement. Mais au demeurant, la tendresse particulière – exprimée à travers l’appel divin – cesse de se manifester pendant ces pauses. Car aux yeux du Créateur, l’étude de la Tora est plus chère que toute autre entreprise, même lorsque son interruption momentanée est parfaitement justifiée.Pourquoi ? Parce que rien n’a autant de valeur que l’étude de la Tora, au point que nos Sages disent : « “Tes plus chers trésors ne la valent pas“ (Michlé 3,15) – pas même les œuvres spirituelles [à savoir les mitsvot]. »Rav Moché Feinstein était assurément la plus belle illustration de ses propres enseignements. Dans l’ouvrage Rabbi Moché Feinstein (p.58), on trouve le récit suivant :

« Rabbi Mordékhaï Gifter, le Roch Yéchiva de Telz, témoigna que rav Moché était continuellement plongé dans son étude. Même lorsqu’il était absorbé par une autre occupation, ce n’était jamais qu’une coupure momentanée. La Tora était l’objet de son amour, sa consolation et résumait toutes ses aspirations. Lorsqu’une demi-minute se libérait durant ses activités quotidiennes, il la mettait à profit pour consulter un ouvrage. Chaque fois qu’il devait se consacrer à une quelconque tâche – pendant qu’il pliait son talit et ses téfilines, quand il marchait dans la rue ou qu’il attendait que la cérémonie d’un mariage débute – il récitait par cœur et sans cesse des michnayot, ou il couchait ses pensées par écrit, ajoutant une nouvelle page aux milliers de celles qu’il avait déjà rédigées.

Rav Gifter se souvient qu’un jour, il était arrivé en avance à une réunion qui devait se dérouler chez rav Moché. En attendant les autres participants, les deux hommes se mirent à étudier de commun. La rabbanite entra alors dans la pièce, et insista pour que rav Moché vienne déjeuner avant le début de la rencontre. Le rav se leva de sa place sans fermer son volume de Guémara, bien qu’on soit généralement tenu de le faire lorsqu’on arrête d’étudier. Il expliqua à rav Gifter qu’il n’était pas obligé de le faire, car il comptait reprendre son étude aussitôt le repas achevé. Ainsi, même pendant son repas, il se considérait comme encore absorbé dans son étude.

Un jour, la petite-fille de rav Moché et son époux vinrent lui rendre visite. Mais lorsqu’ils arrivèrent chez lui, ils le trouvèrent en train d’étudier, adossé à la porte de sa chambre. Pour ne pas le déranger, ils attendirent patiemment qu’il s’interrompe un instant. Un bon moment s’écoula, mais rav Moché était toujours plongé dans son livre. La rabbanite, voyant la scène, s’exclama : “Si vous attendez qu’il s’arrête d’étudier, vous devrez rester ici toute la journée !“ Réalisant ce qui se passait, rav Moché accueillit ses petits-enfants et leur dit en plaisantant : “Si seulement vous pouviez ne jamais me trouver en train de ne rien faire ! »

Cet extrait est issu du livre « Lekah Tov » publié par les éditions Jérusalem Publications, avec leur aimable autorisation. Tous droits réservés.

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