Behar

D’une graine à une fleur, d’un os à un homme…

Dans la paracha de cette semaine, il est fait mention de l’interdit du prêt à intérêt, comme il est écrit (Vayikra 25, 38) : ‘’Ne lui donne point ton argent à intérêt (Néchekh), ni tes aliments pour en tirer profit (Marbit)’’.

Le Ramban nous explique les deux mots utilisés dans le verset pour décrire le prêt à intérêt. Le mot ‘’Néchekh’’ définit un prêt sans échéance prédéfinie mais chaque mois ou chaque année la somme à rembourser est augmentée. Le mot Néchekh a la même racine que le mot ‘’mordre’’ ; ainsi en agissant de la sorte, le prêteur est considéré comme s’il ‘’mordait’’ son ami en lui ‘’mangeant’’ et en lui prenant à chaque fois un peu plus d’argent. L’emprunteur se sent alors rabaissé et humilié.

Le second mot utilisé définit un prêt pour un temps fixe mais dont le montant puis la hausse des intérêts est déjà défini.
Ces deux conduites sont totalement interdites par la Torah (en dehors de ce que l’on appelle ‘’Héter Isska’’ grâce auquel fonctionnent toutes les banques d’Israël). En effet, si nous avons la possibilité d’aider notre prochain avec de l’argent dont nous n’avons pas l’utilité, c’est une grande Mitsva que de lui prêter sans intérêt mais en étant confiant qu’Hachem nous rétribuera pour cela. En revanche, nous avons le droit de nous protéger par des garants et en prenant les mesures nécessaires, mais nous ne devons pas profiter de la détresse d’autrui en lui prêtant avec intérêt ce qui ne ferait qu’aggraver sa situation.

L’interdit du prêt à intérêt est un interdit très grave de la Torah. N’importe qui peut trébucher sans même y faire attention et parfois même en ayant la meilleure des intentions, si l’on ignore toutes les applications de cette loi dans notre quotidien. Si l’on souhaite par exemple aider notre frère pour l’achat de son appartement en lui proposant de ne pas passer par la banque mais de passer par nous avec des taux d’intérêts beaucoup plus faible : cela est purement du Ribit – le prêt à intérêt qui est prohibé par la Torah.
Si une voisine nous emprunte deux verres de sucre et que nous lui rendons un paquet, nous outrepassons cet interdit de Ribit (dans ce cas précis, on enfreint un interdit rabbinique du fait que nous n’avons pas prédéfini cela. Nos Rabbanim ont mis des barrières afin qu’Israël ne s’habitue pas à rendre plus qu’il n’en faut et en arriver à l’interdit de Ribit).

L’interdit de prêter à intérêt est tellement gravissime qu’il est dit qu’une personne ayant agi ainsi ‘’ne se lèverait pas lors de la résurrection des morts’’ comme cela est rapporté dans les Pirké DéRabbi Eliézer au sujet de la vision du prophète Yéhezkiel.
Nombreux sont les commentateurs à expliquer les raisons pour lesquelles celui qui prête à intérêt ne pourra être ressuscité. L’une des raisons c’est qu’en prêtant avec intérêt, cette personne a prouvé qu’elle ne croyait pas dans le salaire immense dont elle aurait été digne si elle avait su faire preuve de retenue. Cette personne a prouvé qu’elle n’avait pas foi dans la récompense réservée à ceux qui parviennent à renoncer à de l’argent gagné de façon interdite. En agissant ainsi, la personne prouve également qu’elle n’a pas compris que la subsistance de chacun est définie depuis Roch Hachana.

La résurrection des morts est l’un des principes de base de notre foi. Si l’on a du mal à comprendre comment un corps décomposé peut revenir à la vie, il nous suffit d’observer le phénomène de l’ensemencement de la graine dans la terre. Ce miracle est tout aussi grand-voir même plus que celui de la résurrection. D’une graine minuscule qui pourrit au fond de la terre, poussent des tiges, des feuilles, des fruits, des légumes, des fleurs… Lors de la résurrection des morts, il n’y a qu’un seul homme qui se relève de ses cendres. La seule différence entre ces deux phénomènes c’est que nous nous sommes habitués à l’un et à l’autre non.
La découverte de la composition génétique de l’ADN est la preuve que chaque cellule contient en elle toutes les informations concernant le corps entier d’une personne. Ainsi, les scientifiques sont parvenus, à partir d’une seule cellule animale à créer le même animal exactement.

Il nous est ainsi plus facile de comprendre les paroles du Zohar affirmant qu’à partir d’un seul os, l’homme pourra revivre et que l’âme, qui ne meurt jamais reviendra dans ce corps. Il est bien-sûr question ici d’une chose extraordinaire qui sera réalisée par le Maître du monde, Créateur de toute chose au moment où Il le décidera. Nous croyons fermement que Le Saint-béni-soit-Il réalisera cette promesse en temps voulu comme nous le disons chaque jour dans la prière : ‘’Tu es fidèle pour ressusciter les morts’’.

Chabbat Chalom
 

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