Le rationnel dans la foi : j’ai prié, et j’y ai cru de tout mon cœur, alors pourquoi Hachem ne me ferait-il pas un miracle ?

Le rationnel dans la foi
Le rationnel dans la foi : j’ai prié, et j’y ai cru de tout mon cœur, alors pourquoi Hachem ne me ferait-il pas un miracle ?
 
‘’Une vieille erreur s’est emparée de nombreux d’entre nous’’, écrit le ‘Hazon Ich il y a déjà 60 ans. Cette erreur est malheureusement encore répandue de nos jours.
 

 
Nous sommes une génération qui apprécie les miracles. Pourquoi pas, en fait ? Dans une génération où nous côtoyons les craintes, les déprimes, les peurs, les inquiétudes, quel pourrait-être le meilleur remède que d’entendre des histoires où tout était perdu d’avance, jusqu’à ce qu’Hachem décide de faire un miracle ?
Nous connaissons tous l’histoire de Rav Aharon Margalit, et sa victoire contre le cancer qu’on n’est pas censé vaincre. Chacun de nous transfère à ses amis, par mail, des histoires où le couple a joué au loto car il n’avait plus de quoi payer le loyer, et où Hachem leur a envoyé une grosse somme.
Ou encore l’histoire des médecins qui ont juré que tel couple n’aurait jamais d’enfant, et où ils en ont finalement eu, après 40 ans d’attente et d’espoir.
Lorsqu’un homme a un souci, des ‘’bienfaiteurs’’ seront toujours là pour lui raconter ces histoires, espérant lui remonter le moral et lui donner de l’espoir : ‘’Je le connais personnellement, c’est mon voisin, il lui est arrivé la même chose que toi, etc….’’ ou alors ceux qui préfèrent lui donner des consignes pour positiver : ‘’Pense bien, tout ira bien’’, ‘’Renforce-toi dans la Emouna !’’
Mais que se passe-t-il lorsqu’on se renforce dans la Emouna et que rien ne se passe ?
Parfois, nous avons honte de poser cette question, mais elle dérange bon nombre d’entre nous, tout au fond de leur cœur.
Notre ami, le Tsaddik, qui a eu le cancer, et a cru, de toutes ses forces qu’il s’en sortirait, a prié de tout son cœur, parlait sans arrêt de foi et de confiance… est mort dernièrement, Hachem a décidé de le reprendre. Et notre tante, adorable, qui n’a jamais désespéré, pélerinait chaque Tsadik, sollicitait les Brakhot de tous les Rabbanims, y a cru tant qu’elle le pouvait, a aujourd’hui 70 ans et n’a jamais eu d’enfant.
Que penser ? Notre tête est remplie d’exemples de personnes tellement chères qui n’ont pas mérité de miracle.
Et que se passe-t-il lorsque le malheur nous touche personnellement, ‘Has Véchalom ? Que se passe-t-il lorsque nous écoutons très sérieusement ceux qui tentent de renforcer notre foi, lorsque nous lisons tous les livres qui traitent de l’importance de la Emouna, que l’on se refuse d’écouter toute parole pessimiste, que l’on est sûr qu’Hachem va nous faire un miracle, et qu’au final les prévisions pessimistes se réalisent ?
Peut-être se sentira-t-on mieux en apprenant que ces interrogations ne sont pas nouvelles. Il est vrai que notre génération a peut-être fait passer les histoires de miracles au premier plan, mais les questions sur lesquelles nous avons des doutes sont les mêmes que dans les générations précédentes.
Voici ce qu’écrit le ‘Hazon Ich dans son livret ‘’Emouna et Bita’hone’’ :
‘’Une vieille erreur s’est emparée de nombreux d’entre nous, derrière le mot ‘’Bitah’one (confiance en D-ieu, foi). Les gens pensent qu’avoir la foi, c’est être sûr que s’il y a deux possibilités, l’une bonne et l’autre mauvaise, c’est la bonne qui se réalisera certainement. Et que si l’on craint que ce soit la mauvaise qui prenne le dessus, cela signifie qu’on n’a pas la foi. Ceci est faux car n’étant pas prophète, nous ne connaissons pas le futur, et Hachem peut en décider comme Il l’entend. Avoir la foi, c’est simplement savoir qu’il n’y a pas de hasard dans ce monde, et que tout ce qui arrive est dirigé par Hachem ‘’.
Que dit en réalité le ‘Hazon Ich ? Il dit : arrêtez-vous un instant. Ne courez pas trop vite avec la notion de ‘’Bita’hone’’. Etes-vous surs de savoir ce qu’est le Bita’hone ?
Bita’hone ne signifie pas garantie. Cela ne signifie pas que l’on est sûr qu’un miracle aura lieu et que la délivrance est pour bientôt. Nous ne sommes pas des prophètes, rappelle le ‘Hazon Ich. Et sans prophétie, il est impossible de connaitre le futur. Comment peut-on prétendre être certain de guérir, d’être sauvés, ou de gagner au loto. Seul Hachem sait ce qu’il se passera, et Il ne le dévoile pas.
Mais alors, qu’est-ce-que le Bita’hone ? ‘’C’est la conviction que rien n’est dû au hasard, et que tout ce qui arrive est dirigé par Hachem’’.
Il n’y a pas de hasard : Hachem nous surveille chaque instant. Personne ne fait une chute ‘’par hasard’’, ni une attaque cardiaque ‘’par hasard’’. La voiture ne tombe pas en panne ‘’par hasard’’. Et le patron ne nous licencie pas ‘’par hasard’’. Ce n’est pas une loterie, où l’on tombe par hasard sur la face 6 du dé, ou par hasard sur le 1. C’est Hachem qui dirige le monde. Il nous envoie certaines épreuves, et les forces adéquates pour les surmonter.
Alors que faire ? Est-ce que l’homme à qui les médecins ont dit qu’il n’en a plus pour longtemps, doit gentiment rester couché jusqu’à sa mort ? Non ! Car les médecins ne sont pas non plus des prophètes. Ce qu’ils donnent n’est qu’un statistique et correspond à ce qu’ils savent de la maladie. Est-ce que cela se réalisera exactement dans le cas de cet homme ? Peut-être que oui, peut-être que non. Car il y a une autre facette de la Emouna : celle de savoir qu’Hachem peut tout faire. Comme l’a dit Moché Rabbénou dans le désert, lorsqu’il se demandait comment fournir de la viande à 600.000 personnes : ‘’la main d’Hachem est-elle trop courte ?’’
La main d’Hachem n’est pas courte. Il n’existe pas une chose qu’Il ne puisse faire. La grande épreuve de la foi est d’être convaincu qu’à tout moment, Hachem peut envoyer la solution, la délivrance. Lorsque nous nous renforçons dans notre Emouna et notre Bita’hone, nous acceptons tout d’abord le décret divin : quoi qu’il arrive, c’est ce qui doit arriver, car c’est la volonté d’Hachem. Mais nous ne cessons de croire qu’Hachem a toutes les options disponibles devant lui. Il peut transformer le malheur en bonheur, et c’est pourquoi nous ne devons pas arrêter de l’implorer. Mais il faut aussi se rappeler, comme l’a dit la mère du jeune homme, Naftali Frankel, kidnappé et tué par nos ennemis : ‘’Hachem n’est pas notre employé. C’est nous qui sommes ses employés’’.
Même après que nous avons intériorisé ce qu’est la Emouna, ce qu’est le Bita’hone, une question persiste chez beaucoup d’entre nous. ‘’Mais alors pourquoi lui, a eu droit à un miracle. En quoi est-il meilleur que moi ? Est-ce qu’Hachem l’aime plus que moi ?’’
Personne ne peut se targuer de donner une réponse précise qui se prête à tous les cas de figure. Les chemins et les décisions d’Hachem ne nous sont pas dévoilés. Mais il est bon de se rappeler que les raisons d’Hachem ne sont pas nos raisons, comme il est écrit dans le livre de Yéchayahou : ‘’Mes pensées ne sont pas les vôtres, et vos chemins ne sont pas les Miens’’. Nous avons tendance à penser, avec notre petit cerveau humain, que celui qui a bénéficié d’un miracle a en quelque sorte ‘’gagné’’, alors que celui qui est finalement mort a ‘’perdu’’, a été puni. Mais tout celui qui ouvre un peu les livres de nos Sages sait que cette vision est totalement erronée. Selon le judaïsme, la mort qui survient à un jeune âge peut avoir plusieurs causes : réincarnations, fin de mission dans ce monde, mérite de mourir pour la sanctification du nom d’Hachem, expiation pour la génération, etc, et cette liste n’est pas exhaustive du tout.
Et ce qui est vrai pour les maladies, l’est aussi pour toutes les difficultés de la vie. Hachem mène son monde et suit un plan très précis pour l’amener ce monde à sa perfection. Puisque ce n’est pas nous qui avons créé le monde, quelle possibilité avons-nous d’en comprendre le plan ?  
 

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