Les fidèles entrés dans la synagogue ont vu les rouleaux de la Torah jetés avec mépris, alors que la police empêchait de les ramasser…

Dans un des pays d'Europe, des vandales ont profané des rouleaux de la Torah. Pénétrant dans la synagogue au milieu de la nuit, ils ont jeté à terre les parchemins sacrés et les ont foulés de leurs pieds. Les fidèles entrés dans la synagogue ont vu les rouleaux de la Torah jetés avec mépris, alors que la police empêchait de les ramasser… Les policiers rapidement arrivés sur les lieux ordonnent  « Ne touchez pas à quoi que ce soit jusqu'à ce que les enquêteurs vous le permettent. Sinon, il n'y aura pas d'enquête. » Là, les fidèles se posent la question. A-t-on le doit de laisser les rouleaux de la Torah dans cette position outrageuse pour permettre l'interpellation des scélérats ?

Réponse du Rav : Puisque les fidèles ne méprisent pas les textes saints et se contentent d'être passifs, il est permis de laisser les livres tels quels en attendant l'enquête de la police. Voici la raison. En nous abstenant de ramasser les rouleaux de Torah nous ne manquons pas d'égards à leur encontre car nous agissons ainsi pour éviter qu'ils soient à nouveau profanés. En vérité, c'est en leur honneur. Il est rapporté dans le Choulhan Aroukh qu'une personne qui voyage sur un âne a le droit de chevaucher sur une Torah pour la protéger des voleurs (Choulhan Aroukh Yoré Déa chapitre 282,3).  Nous voyons qu'il est permis de manquer de respect envers les livres saints, lorsque nous le faisons en leur honneur. C'est le cas en particulier ici, puisque les fidèles sont passifs.

Nous trouvons aussi une conduite similaire au sujet de “piléguech baguiva”, la concubine qui mourut suite aux souffrances que lui ont infligé des membres d'une tribu d'Israël. « Se saisissant du corps de sa concubine, il le divisa par membres en douze morceaux, qu’il envoya dans tout le territoire d’Israël » (Juges 19,29). L'homme a choisi d'agir ainsi pour choquer le peuple et le pousser ainsi à punir les pêcheurs avec leur juste châtiment. Nous pouvons déduire de là qu'il est permis de dégrader le corps d'un défunt et retarder son enterrement pour montrer à la nation l'ampleur de la faute commise (Igrot Moché Yoré Déa partie 2 chapitre 150). De même, dans notre cas, il est permis de laisser les livres de torah dans cette situation dégradante pour que la justice soit rendue et que les coupables soient punis.

De plus, dans une telle situation, il y a lieu de craindre que ces profanateurs s'attaquent également à des juifs et menacent leur vie. Il s'agit donc d'une situation de « Pikuach Nefech, danger pour une vie » et il est donc autorisé de laisser les parchemins saints tels quels en attendant les enquêteurs (Talmud Houlin 11b, selon le commentaire du Noda Biyouda Yoré Déa 210 il est permis de procéder à une autopsie pour démasquer un assassin, à fortiori dans notre cas ou les fidèles sont passifs). Cependant, il faut pleurer et s'affliger comme des endeuillés pour la profanation du nom divin !

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