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Critiquer sans blesser

Dans la course effrénée de la vie, nous sommes tous confrontés à différentes situations que nous trouvons parfois déplacées et que nous souhaiterions critiquer. Cela peut se produire au sein du couple, dans l’éducation des enfants, entre voisins,  sur notre lieu de travail et encore dans d’autres situations…

Malheureusement, bien souvent, la critique mène à la colère, à la dispute et à la rancune. Nous nous demandons souvent comment exprimer nos critiques de façon à ce que celles-ci soient acceptées.

Nous trouvons justement dans les paroles que Moché adresse à Korakh l’illustration parfaite d’une critique constructive. En effet, il est écrit dans le verset (Bamidbar 16,8) : ‘’Moché dit à Korakh : ‘’Ecoutez donc descendants de Lévi : est-ce si peu pour vous que le D. d’Israël vous ait distingués de l’assemblée d’Israël pour vous rapprocher de Lui, effectuer le service du Tabernacle de Hachem et vous tenir devant l’assemblée afin d’officier pour eux ? Il t’a rapproché de Lui ainsi que tous tes frères, descendants de Lévi avec toi, et vous prétendriez également au sacerdoce ! Par conséquent, toi et toute ton assemblée qui vous liguez ensemble, c’est contre Hachem que vous le faites ! Quant à Aharon, qu’est-il pour que vous protestiez contre lui ?’’

Un homme au statut tel que celui de Moché aurait bien vite fait de remettre cet homme à sa place en lui expliquant clairement son toupet ! Mais, Moché Rabbénou, non seulement n’emploie aucune remarque personnelle ou blessante contre Korakh, mais au contraire, il s’adresse à lui indirectement en incluant la tribu de Lévi dans son ensemble : ‘’Ecoutez donc descendants de Lévi’’. Moché lui annonce ainsi qu’il comprend qu’il ne vient pas en son nom seul mais au nom de toute la tribu. En s’exprimant ainsi l’homme montre à son prochain qu’il n’a rien contre lui et que ses critiques n’ont rien de personnel. L’homme est déjà ainsi plus ouvert à entendre le reste du discours.

Moché Rabbénou passe ensuite à la critique à proprement parler. Il ne dit pas à Korakh : ‘’Mais pour qui te prends-tu à réclamer ainsi plus d’honneurs ?’’ Non, bien au contraire. Il utilise justement la grandeur de Korakh et ses qualités pour le diriger vers la compréhension de son erreur  en disant : ‘’ Que le D. d’Israël vous ait distingués de l’assemblée d’Israël pour vous rapprocher de Lui, effectuer le service du Tabernacle de Hachem’’. Puis, Moché répond aux revendications de Korakh quant à la nomination de son frère Aharon. Moché explique alors à Korakh que cela ne vient pas de lui mais que c’est Hachem qui l’a ordonné ainsi et que son comportement prouve en fait qu’il réfute le choix du Roi du Monde : ‘’C’est contre Hachem ! Quant à Aharon, qu’est-il pour que vous protestiez contre lui ?’’

Nous apprenons ainsi trois éléments essentiels pour une critique constructive et pour tenter de parvenir à des résultats positifs :

  1. Faire tout ce qui en notre pouvoir pour ne pas s’attaquer à la personne elle-même (nous voyons également cette technique dans le Séder de Pessah lorsque l’on s’adresse au fils mécréant : on s’adresse à nous-mêmes et non à lui.)
  2. Louer la personne et trouver son point fort, ses qualités.
  3. Bien expliquer le problème afin que la personne comprenne là où elle a fauté.

En agissant de la sorte, nous éviterons de nombreux écueils et de nombreuses discordes. Avant de critiquer autrui, posons-nous la question : ‘’Mes paroles vont-elles servir l’objectif que je souhaite atteindre ? Une dispute sans fin découlera-telle de mes paroles ou vais-je réussir à influencer la personne qui se tient face à moi à mieux agir ?’’ Ainsi, avant de prononcer quoi que ce soit et pour ne pas provoquer de tensions inutiles, nous pèserons bien la valeur de chacune des paroles que nous souhaitons prononcer. Nous mériterons ainsi de faire passer notre message tout en conservant la paix dans notre foyer, ou dans notre entourage (Vous trouverez d’autres conseils quant aux critiques constructives au sein du couple dans le livre du Rav Zamir Cohen sur le couple). Et c’est justement ce que nous enseigne le plus sage d’entre tous : ‘’La mort et la vie sont au bout de la langue !’’ (Proverbes 18, 21).

Loué soit l’homme qui parvient à maitriser son langage et à peser chaque parole avant d’être prononcée. Il se voit ainsi aimé du Créateur et aimé des hommes.

Chabbat Chalom
 

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