Metsora. La responsabilité est proportionnelle aux capacités

« Si cet homme est pauvre et que ses moyens sont insuffisants, il prendra un agneau comme délictif destiné à être balancé… » (Vayiqra 14,21)

On entend parfois certaines personnes jauger leur propre niveau moral en le comparant à celui d’autres hommes. En effectuant ce parallèle, elles omettent toutefois de tenir compte du niveau spirituel auquel elles auraient pu accéder, si elles avaient consacré toutes leurs forces à progresser spirituellement.De fait, explique le ‘Hafets ‘Hayim (commentaire sur la Tora), ce genre de comparaisons est totalement déplacé. Ainsi, nous voyons dans notre paracha que pour achever son processus de purification, un lépreux aisé devait amener au Temple deux agneaux et une brebis. En revanche, un homme pauvre pouvait se contenter d’offrir un agneau et deux colombes. De toute évidence, cette dérogation n’était valable que pour un indigent. Mais si une personne riche se limitait à apporter le sacrifice d’un pauvre, elle ne se rendait évidemment pas quitte de son devoir : elle devait impérativement amener des bêtes de menu bétail.

En d’autres termes, la responsabilité de chacun est proportionnelle à ses capacités. Tel est le principe qui détermine l’ensemble des mitsvot : plus un homme atteint un niveau élevé, plus son devoir s’étend, et plus il devra agir avec soin et application. A cet égard, les érudits en Tora sont tenus d’accomplir les mitsvot avec la plus grande minutie, car chacun de leurs actes doit être à la hauteur de leur sagesse. Et quiconque se consolerait en se disant que malgré tous ses défauts, il s’estime meilleur que son voisin, n’est pas différent d’un riche qui offrirait le sacrifice d’un pauvre.Le Ma’assé LaMélekh raconte qu’un des fils du ‘Hafets ‘Hayim se plaignit un jour de la situation financière de sa famille. Il protesta notamment sur le fait que pendant les jours de fête, lui et ses frères revêtaient invariablement les mêmes habits, alors que les enfants du voisin en recevaient un nouveau à chaque fois.Son père lui répondit ainsi :

« En ce qui nous concerne nous possédons un immense avantage : D.ieu nous a gratifiés du mérite d’étudier la Tora, et Il permet à nos enfants de suivre la même voie. Pour ce privilège, nous devons Lui rendre grâce chaque jour. Quant à notre voisin, il n’a malheureusement pas eu cette chance : lui-même ne sait pas étudier la Tora, et ses enfants n’en ont pas non plus les capacités. Il est donc juste que cet homme puisse tout au moins avoir les moyens de leur offrir de nouveaux habits à chaque fête… »

C’est dans ce même esprit que le Ma’assé LaMélekh explique le sens du verset « L’Eternel est proche des cœurs brisés » (Téhilim 34). Du fait de sa situation financière difficile, le pauvre est amené à remercier D.ieu plusieurs fois par jour, même s’il ne reçoit qu’une maigre portion de pain. Le riche, quant à lui, a souvent tendance à attribuer sa réussite à son intelligence. Il en vient ainsi à oublier à Qui il doit sa richesse.Le ‘Hafets ‘Hayim racontait l’histoire d’un portefaix qui louait ses services à tout venant. Chaque matin, il se levait tôt et se rendait sur la place du marché, attendant que D.ieu lui envoie sa subsistance pour la journée. Il lui arrivait parfois de patienter jusque dans l’après-midi, dans le froid et la neige, qu’un client se manifeste et lui demande de transporter pour lui un sac de farine. Après quoi il recevait quelques sous qui lui permettaient d’acheter une demi-miche de pain. Revenant chez lui avec son précieux achat sous le bras, il était heureux de pouvoir nourrir sa femme et ses enfants. Il rendait alors grâce à D.ieu de tout cœur Qui lui avait offert ce repas.

Une heure plus tard, il était à nouveau au marché, attendant patiemment qu’un autre client se manifeste et lui permette d’apporter le repas du soir à la maison. Cet homme vivait ainsi au jour le jour, mais il évoluait à proximité de D.ieu, car il Le remerciait pour chaque tranche de pain qui, pour ainsi dire, lui tombait du Ciel…

Cet extrait est issu du livre « Lekah Tov » publié par les éditions Jérusalem Publications, avec leur aimable autorisation. Tous droits réservés.

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