Doit-on faire "boré miné bessamim" dans une parfumerie ?

24.06.19

Question

Question : Bonjour, je suis vendeuse dans un magasin de parfum. Je voulais savoir si on fait la brakha de boré miné bessamim pour des eaux de toilette et des parfums qui sont faits à base de produits chimiques. De plus, moi qui travaille tous les jours là-bas, est-ce que je dois faire la brakha, et si oui, quand est-ce que je dois la faire ? Tizcou lamitsvote pour vos réponses, et merci d'avance de m'éclairer à ce sujet.
 

Answer

Réponse : Chalom ouvrakha, votre question est forte intéressante, surtout que c'est un cas qui est clairement exposé dans le Choulh'an Aroukh, en ce qui concerne le cas du vendeur dans un magasin. Ensuite, béézrat Achem, nous essaierons de voir si on doit faire la brakha sur des parfums à base de structure chimique.

Le Choulh'an Aroukh, Orah' H'aïm, 217, 1 écrit que celui qui rentre dans un magasin de senteurs fera la brakha de "boré miné bessamim". Bien que dans le séif 2, il rajoute la condition que l'herbe sur laquelle on fait la brakha, doit être prise pour donner une odeur et non pas pour enlever une mauvaise odeur, par exemple. Or, le vendeur a disposé sa marchandise pour vendre et non pas, avec l'idée de donner une bonne odeur, on peut faire tout de même la brakha. La guémara dans Bérakhot 53 a explique, qu'en fait le vendeur veut que l'effluve des parfums sorte pour attirer de cette façon le client. C'est pour cela que celui qui rentre doit faire la brakha. Ceci ne concerne que les encens qui se trouvent dans le magasin, mais ceux qui sont entreposés dans l'arrière boutique, le Michna Broura, 217, 1 écrit qu'il faudra les prendre dans la main pour être obligé de faire la brakha, montrant ainsi qu'il est intéressé par leur parfum.
Pour le commerçant, c'est l'objet d'une discussion, comme le rapporte le Michna Broura, 217, 4, s'il doit faire la brakha ou pas. Le Chaar Atsioune, 7, ramène le Naar Chalom, que s'il est vrai que l'odeur est faite pour le client, par rapport au vendeur ce n'est fait que pour vendre, c'est pour cela qu'il convient, que le vendeur, pense à profiter du parfum, en rentrant dans son magasin, et ainsi sera contraint de faire la brakha selon tous les avis. S'il vient à sortir de son établissement pour aller prier, par exemple, ou même dans un autre magasin de parfum, il devra refaire la brakha une autre fois.

Il faut faire boré miné bessamim, quand le magasin vend plusieurs sortes comme le dit le Choulh'an Aroukh, (216, 6). Bien que quand on a différentes herbes devant soi, il est impératif de prendre chaque sorte à part et de faire à chacun sa brakha correspondante, (Choulh'an Aroukh, 216, 10). C'est-à-dire, suer ceux qui ont une tige dure comme la myrte, il faut faire boré atsé bessamim. Sur ceux qui ont une tige plus souple comme la menthe, il faudra faire boré issbé bessamim. Ceux qui sont à base animal, comme le musc, on fera boré miné bessamim.

Enfin, en ce qui concerne les parfums fabriqués à base de structure chimique. Certains décisionnaires prennent comme référence le Chaar Atsioune (216, 25) qui écrit que lorsqu'il est dit dans la halakha (216, 3) que sur l'eau de rose, on fait boré atsé bessamim, c'est seulement, si les roses ont été bouillies à l'intérieur, ou qu'elles soient restées macérer dans de l'eau pendant 24h, et qu'on les a essorées avant de les retirer. Par contre, si elles n'ont fait que rester dans de l'eau sans plus, même si à la fin ça donne une forte odeur, on ne fera pas de brakha, car il n'y a pas de matières dans l'eau. Ce qui n'est pas le cas quand on les a bouillies ou on les essors. Il en est de même quand c'est fait à partir d'éléments chimiques, il n'y a pas de matières, c'est ce qu'on appelle "réah' chéein bo 'ikar", une odeur qui n'a pas de source "palpable". Ainsi, pensent le Rav Chlomo Zalman Auerbach (dans Chmirat Chabbat Kéhilkhata, chap. 61, note 32) et le Rav Eliachiv (dans Avné Yachfé, tome 2, 16). De plus, si on est en doute si un parfum est à base de plantes ou de composants chimiques, on ne fera pas de brakha.  Par contre, le Or Létsion (tome 2, chap. 14, 38), écrit qu'on fera boré miné bessamim.

Le Rav Ovadia Yossef dans le H'azon Ovadia de Tou Bichvat (p. 315) écrit de faire boré miné bessamim. Cependant, il semblerait que le Rav dans le H'azon Ovadia de Yamim Noraïm (p.287) aurait changé d'avis, car il dit là-bas de ne pas faire de brakha du tout.

En conclusion, pour répondre à votre question, il est préférable dès le début de la journée de travail, de prendre un parfum dont vous êtes certaine qu'il soit à base de produits naturels et de faire dessus "boré miné bessamim". Si vous venez à quitter le magasin, pour aller manger ou toute autre occupation, qui n'a aucun rapport avec les parfums, vous pourrez refaire la brakha. Ainsi, vous éviterez tous les doutes et vous vous acquitterez selon tous les avis.
Béatslah'a!

 

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